Thématique

Le Ciel est parti

Le Ciel n’est plus de la partie

Glenn Haamel

Chère Sonia,

Si je t’écris aujourd’hui,

c’est que j’ai le cœur gercé

et c’est à cause

de ce qui germe

sur tes lèvres,

ce froid

s’y lance

si fort

qu’on croirait que tu le craches,

ce Silence.

Comment, comment, comment commencer cette missive agile sans faire missile, ogive, et finalement mal faire, et faire le mâle alpha à la fois fat et plein de failles ? Je le sais, j’ai fait fausse route, et ma tête comme une cloche sonne – Y’a pas de place pour moi sous ton toit, et sous tes stores qui se ferment et les nuages qui s’essorent je crois trouver parfois quelques morceaux de soleil, sourires serviles à ceux qui…

Mais je n’y pense pas.

Non. Je n’y pense pas,

car ce n’est pas moi, chère chère chère Sonia, qui cherche à échapper à je ne sais quoi avec les rôles inversés, le sourire en berne et la vie qui te cerne – tu n’es plus qu’un grand creux autour de tes propres yeux – de la main jusqu’à l’angle du coude, du coude à l’épaule, de l’épaule à la nuque, pour finir par mordre la moelle épinière, engourdir l’encéphale, c’est ta vie qui s’enfuit pour un faux pas, et toi qui ne réponds plus en t’en allant sur tes talents aiguille. Réponds-moi, car sous tes yeux qui brillent je sais que ton souffle est déjà froid…

Je t’en supplie…

Réponds-moi.